Sagesse de Saint Benoît (juin - juillet 2020) : la sollicitude du Pasteur


                                                      La sollicitude du Pasteur RB 2  



Dans la Règle


Les sarrabaïtes : (moines sans pasteur)
« Ils vivent deux ou trois ensemble, ou même tout seuls, sans pasteur, renfermés dans leur propre bergerie, et non dans celle du Seigneur. La satisfaction de leurs désirs leur sert de loi : ils tiennent pour saint tout ce qu'ils pensent ou préfèrent, et regardent comme illicite ce qui leur déplaît. » (RB 1,8)

L’Abbé :
« Qu'il sache que l'on imputera à la faute du pasteur tout ce que le Père de famille trouvera de mécompte dans ses brebis. Au contraire, c'est pour autant qu'il aura consacré toute sa sollicitude pastorale à un troupeau turbulent et indocile, et dépensé tous ses soins pour guérir leurs maladies spirituelles, que lui-même sera absous au jugement du Seigneur et pourra lui dire avec le prophète : "Je n'ai point caché ta justice, dans mon coeur : je leur ai dit ta fidélité et ton salut, mais ils n'en ont fait aucun cas et ils m'ont méprisé."   Alors, en punition, la mort frappera ces brebis qui ont été rebelles aux soins de leur pasteur(RB 2,7-10)

« L’Abbé doit se conformer et s’adapter aux dispositions et à l’intelligence de chacun, en sorte qu’il puisse, non seulement préserver de tout dommage le troupeau qui lui est confié, mais encore se réjouir de l’accroissement de ce bon troupeau. » (RB 2,32)

« Quel que soit le nombre des frères placés sous sa garde, qu'il sache avec certitude qu'au jour du jugement il devra rendre comte au Seigneur de toutes ces âmes, et de plus, sans nul doute, de la sienne propre. Vivant ainsi dans la crainte constante de cet examen qui attend le pasteur au sujet de ses brebis, c'est le souci même des comptes dus pour autrui qui le rendra attentif sur lui-même, et, en corrigeant les autres par ses avis, il se corrigera de ses propres défauts. » (RB 2,31-32)

« L’Ecriture dit au nom de ceux qui souffrent : « C’est pour toi que nous sommes livrés à la mort durant tout le jour; nous sommes considérés comme des brebis de boucherie » (RB 7,38 ; Ps 43,23)

Les frères fautifs :
 « Comme dit l'Apôtre, "il faut redoubler de charité envers lui », et tous prieront à son intention. L'abbé, en effet, doit avoir un soin tout particulier et s'empresser, avec toute son adresse et toute son habileté, pour qu'il ne perde aucune des brebis à lui confiées. Il doit savoir qu'il a reçu le soin d'âmes malades et non une autorité tyrannique sur des âmes saines. Qu'il craigne donc la menace du Prophète, par laquelle Dieu dit : "Les brebis qui vous paraissaient grasses, vous les preniez pour vous, et celles qui étaient débiles, vous les rejetiez."  Qu'il imite plutôt l'exemple de tendresse du bon Pasteur qui, ayant laissé dans les montagnes quatre-vingt-dix-neuf brebis, partit chercher l'unique brebis qui s'était égarée ; il eut de sa faiblesse une si grande compassion qu'il daigna la charger sur ses épaules sacrées et ainsi la rapporter au troupeau. »  (RB 27, 5-9)

« S'il voit que toute son habileté n'a rien obtenu, il emploiera alors un moyen plus efficace, sa prière et celle de tous les frères pour lui, afin que le Seigneur, qui peut tout, rende la santé à ce frère malade.
Mais si ce remède n'opérait pas la guérison, l'abbé prendra alors le fer qui retranche, selon la parole de l'Apôtre : "Otez le mal d'entre vous." Et encore : "Si l'infidèle s'en va, qu'il s'en aille" , de peur qu'une brebis malade ne contamine tout le troupeau. » (RB 28,5-7)


 Dans l'Ecriture :

Nouveau Testament

 "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. » (Jn 10,1-4)

« Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. Je suis le bon pasteur ; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. 
Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis.» (Jn 10, 9-11)

« Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur ; c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père." (Jn 10,14s)

« Vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ; je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. Moi et le Père nous sommes un." (Jn 10,26-30)

"Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ? Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! » (Lc 15, 4-6)

"Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,68)

Ancien Testament

« Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié.Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison.Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et Yahve a fait retomber sur lui nos fautes à tous. Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n'ouvrait pas la bouche. » (Is 53,4-7)

« Il ressemble au bétail muet. Ainsi vont-ils, sûrs d'eux-mêmes, et finissent-ils, contents de leur sort.
 Troupeau que l'on parque au shéol, la Mort les mène paître » (Ps 49,14-15)

« Yahve est mon berger, rien ne me manque. Sur des prés d'herbe fraîche il me parque. Vers les eaux du repos il me mène, il y refait mon âme ; il me guide aux sentiers de justice à cause de son nom.
 Passerais-je un ravin de ténèbre, je ne crains aucun mal car tu es près de moi ; ton bâton, ta houlette sont là qui me rassurent. » (Ps 23,1-4)

« Car c'est lui notre Dieu, et nous le peuple de son bercail, le troupeau de sa main.» (Ps 95,7)

« Vois, il ne dort ni ne sommeille, le gardien d'Israël. Yahve est ton gardien, ton ombrage, Yahve, à ta droite. De jour, le soleil ne te frappe, ni la lune en la nuit. Yahve te garde de tout mal, il garde ton âme.Yahve te garde au départ, au retour, dès lors et à jamais. » (Ps 121,4-8)

« Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d'âge en âge publierons ta louange. » (Ps 79,13)

« Il poussa comme des brebis son peuple, les mena comme un troupeau dans le désert ; il les guida sûrement, ils furent sans crainte, leurs ennemis, la mer les recouvrit. » (Ps 78,52-53)

« Tu conduis par ta miséricorde ton peuple que tu as racheté, par ta force tu le portes jusqu’à ta sainte demeure. » (Ex 15,13)

« Il l’entoure, il l’élève, il le garde comme la prunelle de l’œil. Tel un aigle qui éveille sa nichée et plane au-dessus de ses petits, il déploie son envergure, il le prend, il le porte sur ses ailes. Le Seigneur seul l’a conduit. » (Dt 32,10)

« Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur. » (Is 40,11)
«  Ne crains pas car je suis avec toi, je suis ton Dieu, ton sauveur, je te soutiens de mon bras… Car moi, Yahve, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : Ne crains pas, c'est moi qui te viens en aide. Ne crains pas, vermisseau de Jacob, et vous, pauvres gens d'Israël. C'est moi qui te viens en aide, oracle de Yahve, celui qui te rachète, c'est le Saint d'Israël. »                                                      (Is 41,10-14) 
« Et maintenant, ainsi parle Yahve, celui qui t'a créé, Jacob, qui t'a modelé, Israël. Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom : tu es à moi.  Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. Car je suis Yahve, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur. Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix, et je t’aime. »                                                                                                         (Is 43,1-4)
«  Le soutenant de mes bras, je le guidais avec des attaches humaines, par des liens d’amour. Je le traitais comme un nourrisson que l’on soulève tout contre sa joue, je m’inclinais vers lui. »     (Os 11,4)
« Derrière et devant tu m'enserres, tu as mis sur moi ta main.Ta main me conduit, ta droite me saisit. Conduis-moi sur le chemin d’éternité. »                                                                                (Ps 138,5-10-24)  

« Oui, je veux rassembler Jacob tout entier, je veux réunir le reste d'Israël ! Je les regrouperai comme des moutons dans l'enclos ; comme un troupeau au milieu de son pâturage, ils feront du bruit loin des hommes. Celui qui fait la brèche devant eux montera ; ils feront la brèche, ils passeront la porte, ils sortiront par elle ; leur roi passera devant eux et Yahve à leur tête. » (Mi 2,12-13)

« Que le Dieu qui fut mon pasteur depuis que je vis jusqu'à maintenant, que l'Ange qui m'a sauvé de tout mal bénisse ces enfants » (Gn 48,15)

 « Malheur aux pasteurs qui perdent et dispersent les brebis de mon pâturage - oracle de Yahve !C'est pourquoi ainsi parle Yahve, le Dieu d'Israël, contre les pasteurs qui ont à paître mon peuple : vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées et ne vous en êtes pas occupés. Eh bien ! moi, je vais m'occuper de vous pour vos méfaits, oracle de Yahve ! Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les aurai dispersées, et je les ramènerai dans leur prairie : elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai pour elles des pasteurs qui les feront paître ; elles n'auront plus crainte ni terreur ; aucune ne se perdra, oracle de Yahve ! » (Jr 23,1-4)

« Oracle du Seigneur Yahve qui rassemble les déportés d'Israël : J'en rassemblerai encore d'autres avec ceux qui sont déjà rassemblés. Bêtes des champs, venez toutes vous repaître, ainsi que vous, toutes les bêtes de la forêt. Ses guetteurs sont tous des aveugles, ils ne savent rien ; ce sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer. Ils rêvent, restent couchés, aiment dormir. Les chiens sont voraces, insatiables, ce sont eux, les bergers incapables de comprendre. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun, jusqu'au dernier, cherchant son intérêt… » (Is 56,8-11)

« Fils d'homme, prophétise contre les pasteurs d'Israël, prophétise. Tu leur diras : Pasteurs, ainsi parle le Seigneur Yahve. Malheur aux pasteurs d'Israël qui se paissent eux-mêmes. Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau ? Vous vous êtes nourris de lait, vous vous êtes vêtus de laine, vous avez sacrifié les brebis les plus grasses, mais vous n'avez pas fait paître le troupeau. Vous n'avez pas fortifié les brebis chétives, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n'avez pas ramené celle qui s'égarait, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez régies avec violence et dureté. Elles se sont dispersées, faute de pasteur, pour devenir la proie de toute bête sauvage ; elles se sont dispersées. Mon troupeau erre sur toutes les montagnes et sur toutes les collines élevées, mon troupeau est dispersé sur toute la surface du pays, nul ne s'en occupe et nul ne se met à sa recherche.

 Eh bien ! pasteurs, écoutez la parole de Yahve. Par ma vie, oracle du Seigneur Yahve, je le jure : parce que mon troupeau est mis au pillage et devient la proie de toutes les bêtes sauvages, faute de pasteur, parce que mes pasteurs ne s'occupent pas de mon troupeau, parce que mes pasteurs se paissent eux-mêmes sans paître mon troupeau, eh bien ! pasteurs, écoutez la parole de Yahve. Ainsi parle le Seigneur Yahve. Voici, je me déclare contre les pasteurs. Je leur reprendrai mon troupeau et désormais, je les empêcherai de paître mon troupeau. Ainsi les pasteurs ne se paîtront plus eux-mêmes. J'arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus pour eux une proie.

Car ainsi parle le Seigneur Yahve : Voici que j'aurai soin moi-même de mon troupeau et je m'en occuperai.Comme un pasteur s'occupe de son troupeau, quand il est au milieu de ses brebis éparpillées, je m'occuperai de mes brebis. Je les retirerai de tous les lieux où elles furent dispersées, au jour de nuées et de ténèbres. Je leur ferai quitter les peuples où elles sont, je les rassemblerai des pays étrangers et je les ramènerai sur leur sol. Je les ferai paître sur les montagnes d'Israël, dans les ravins et dans tous les lieux habités du pays. Dans un bon pâturage je les ferai paître, et sur les plus hautes montagnes d'Israël sera leur pacage. C'est là qu'elles se reposeront dans un bon pacage ; elles brouteront de gras pâturages sur les montagnes d'Israël.

C'est moi qui ferai paître mes brebis et c'est moi qui les ferai reposer, oracle du Seigneur Yahve. Je chercherai celle qui est perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je fortifierai celle qui est malade. Celle qui est grasse et bien portante, je veillerai sur elle. Je les ferai paître avec justice. Quant à vous, mes brebis, ainsi parle le Seigneur Yahve. Voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre béliers et boucs. Non contents de paître dans de bons pâturages, vous foulez aux pieds le reste de votre pâturage ; non contents de boire une eau limpide, vous troublez le reste avec vos pieds. Et mes brebis doivent brouter ce que vos pieds ont foulé et boire ce que vos pieds ont troublé. Eh bien ! ainsi leur parle le Seigneur Yahve : Me voici, je vais juger entre la brebis grasse et la brebis maigre. Parce que vous avez frappé des reins et de l'épaule et donné des coups de cornes à toutes les brebis souffreteuses jusqu'à les disperser au-dehors, je vais venir sauver mes brebis pour qu'elles ne soient plus au pillage, je vais juger entre brebis et brebis.
Je susciterai pour le mettre à leur tête un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David : c'est lui qui les fera paître et sera pour eux un pasteur. Moi, Yahve, je serai pour eux un Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. Moi, Yahve, j'ai parlé. » (Ez 34,1…24)

« Ils paîtront le long des chemins, sur tous les monts chauves ils auront un pâturage. Ils n'auront plus faim ni soif, ils ne souffriront pas du vent brûlant ni du soleil, car celui qui les prend en pitié les conduira, il les mènera vers les eaux jaillissantes. » (Is 49,9-10)

« Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l'élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.» (IPi 5,2-4)

« Le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a pas commis de faute - et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche ; lui qui insulté ne rendait pas l'insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s'en remettait à Celui qui juge avec justice ; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris. Car vous étiez égarés comme des brebis, mais à présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. » (IPi 2,21-25)

"Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre fils. "Je sais, moi, qu'après mon départ il s'introduira parmi vous des loups redoutables qui ne ménageront pas le troupeau, et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d'entraîner les disciples à leur suite. C'est pourquoi soyez vigilants… » (Ac 20, 28-31)

« A ceci nous avons connu l'Amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères. » (IJn 3,16)

« Car l'Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux." (Ap 7,17)

Commentaire des Pères 


Il est la porte, parce qu’il nous amène à son Père, et il est notre pasteur, parce qu’il nous conduit et nous dirige.                                                                                                                                        St Jean ChrysostomeQuel est le pasteur qui a précédé ses brebis, si ce n’est celui qui est ressuscité des morts pour ne plus mourir, et qui a dit à son Père : « Mon Père, je veux que là où je suis, ceux que vous m’avez donné soient aussi avec moi. » ?                                                                                                                                 St Augustin Puis il chargea le blessé sur sa monture, c’est-à-dire son propre corps : il a daigné assumer l’humanité.                                                                                                                                                                                             Origène
   Avec son corps, comme avec une monture, il s’est rendu dans le lieu de la misère de l’homme. Il a guéri ses plaies, il l’a fait reposer sur sa propre monture et a fait pour lui de sa miséricorde une hôtellerie, où tous ceux qui peinent et ploient sous le fardeau trouvent le repos.         Saint Grégoire de Nysse De même que tous les membres de la brebis ont été portés par le Bon Pasteur, de même Jésus Christ a   pris sur lui le fardeau de tous nos péchés sans exception.                                                             Saint Jérôme Notre Seigneur Jésus Christ est venu mourir, il n’est pas venu pécher ; il a communié avec nous dans la peine, non dans la faute. Il a payé pour nous la peine et la faute ; il a été crucifié et il est ressuscité pour montrer que notre vieil homme était mort et que, dans sa vie de ressuscité, notre vie était nouvelle.                                                                                                                                                  Saint Augustin Lorsque le pasteur eut retrouvé sa brebis, il ne la châtia point, il ne la ramena pas au bercail avec violence, mais il la chargea sur ses épaules, et la porta avec tendresse pour la réunir au troupeau : « Et lorsqu’il l’a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules. » Il met la brebis sur ses épaules, c’est-à-dire qu’en se revêtant de notre nature, il a porté sur lui nos péchés. Après avoir retrouvé sa brebis, il retourne à sa maison, c’est-à-dire, que notre pasteur, après l’œuvre de réparation du genre humain, est rentré dans son céleste royaume.                                                                                                 St Grégoire de Nysse « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ». Ce qu’il enseigne, il l’a fait ; ce qu’il commande, il en a donné l’exemple…Le bon pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de pouvoir changer son corps et son sang en notre sacrement, et nourrir de sa chair les brebis qu’il avait rachetées.                       St Grégoire le Grand
 Notre vie fait sa joie, et lorsque nous sommes ramenés dans le ciel, nous mettons le comble à son allégresse et à son bonheur.                                                                                    St Grégoire le Grand La garde des brebis, c’est bien la meilleure marque de charité que l’on puisse donner.  St Jean Chrysostome Celui qui ne conduit pas ses brebis par un sentiment d’amour, mais pour un gain terrestre, n’est pas un pasteur, c’est un mercenaire.                                                                                         St Jean Chrysostome Il est évident que le titre de pasteur convient au Christ. Car de même qu’un berger mène paître son troupeau, ainsi le Christ restaure les fidèles par une nourriture spirituelle, son propre corps et son propre sang… Jésus précise qu’il est le « bon pasteur », parce qu’il défend son troupeau avec le dévouement d’un bon soldat pour sa patrie… Et c’est par lui que nous obtenons la béatitude.                                                                                                                                        St Thomas d’Aquin Le service du bon pasteur, c’est la charité… Le bon pasteur veille à l’intérêt de son troupeau… Celui qui ne fait qu’utiliser le troupeau pour son propre intérêt n’est pas un bon pasteur… Un bon berger, au sens naturel, supporte beaucoup pour le troupeau sur lequel il veille… Mais le salut du troupeau spirituel importe plus que la vie même du pasteur ; c’est pourquoi lorsque le troupeau est en danger, son pasteur doit supporter de perdre la vie de son corps pour le salut du troupeau.                                                                                                                                                                 St Thomas d’Aquin C’est la charité qui fait le pasteur. Car nul ne sera « bon pasteur » s’il ne devient, par la charité, un avec le Christ et donc membre du vrai Pasteur. Ce qu’on attend du bon pasteur, c’est la charité.                                                                                                                                   St Thomas d’Aquin 


Littérature

Ayons le désir d’entendre sa voix ; prions afin qu’il nous soit donné d’avoir des oreilles attentives et un cœur de bonne volonté. Il n’appelle pas tous les hommes de la même façon ; il nous appelle chacun à sa manière.                                                                                           St John-Henry Newman Le Christ a ordonné d’aller rechercher même la centième brebis perdue. Mais quand ce sont les quatre-vingt-dix-neuf  qui manquent, n’est-ce pas vers elles que doit se tourner le premier souci ?                                                                                                                             Alexandre Soljénitsyne


L'enseignement des papes 

 Notre joie naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus qui est parmi nous, elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que lui nous accompagne et nous met sur ses épaules : ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter dans notre monde.                                                                                                              Pape François


En Jésus-Christ, Dieu lui-même recherche la brebis perdue, l’humanité souffrante et égarée. Le pasteur qui se met en route pour trouver la brebis égarée est le Verbe éternel lui-même, et la brebis qu’il porte sur ses épaules pour la ramener affectueusement à la maison, c’est l’humanité, c’est la nature humaine qu’il a assumée. Dans son incarnation et dans sa croix, il ramène la brebis égarée, l’humanité, à la maison, et il me porte, moi aussi. Le Logos devenu homme est le véritable  porteur de la brebis, le pasteur qui va nous chercher à travers les épines et les déserts de notre vie. Portés par lui, nous arrivons à la maison. Il a donné sa vie pour nous. Il est lui-même la vie.                                                                                                                                                      Benoît XVI


 Quoiqu’il arrive ou quel que soit ce que nous rencontrons, n’abandonnons pas sa main ! Nous marchons alors sur le chemin qui conduit à la vie.                                                           Benoît XVI
                                                                                
 « Les brebis », qui sont des personnes créées par Dieu et donc à son image, n’appartiennent pas au pasteur comme des objets, car c’est le voleur et le brigand qui se les approprient ainsi…Pour le vrai pasteur, par contre, ils sont des êtres libres, car orientés vers la vérité et l’amour. Le pasteur se manifeste comme le propriétaire des brebis justement dans la mesure où il les connaît, où il les aime, et où il les veut dans la liberté de la vérité. Elles lui appartiennent, parce qu’elles sont unies par la « connaissance » et dans la communion de la vérité qu’il est lui-même. C’est pourquoi il ne les utilise pas, mais il donne sa vie pour elles.                                                                             Benoît   XVI      

Il n’y a qu’un pasteur. Le Logos qui se fit homme en Jésus est le pasteur de tous les hommes, car ils ont tous été créés par l’unique Verbe. Dans toutes leurs dispersions, l’humanité peut devenir une à partir du vrai pasteur, à partir du Logos, qui se fit homme pour faire don de sa vie et pour donner ainsi la vie en abondance.                                                                                                             Benoît XVI

Le vrai pasteur est Celui qui connaît aussi la voie qui passe par les ravins de la mort ; Celui qui marche également avec moi sur la voie de la solitude ultime, où personne ne peut m’accompagner, me guidant pour la traverser : il a parcouru lui-même cette voie, il est descendu dans le royaume de la mort, il l’a vaincu et il est maintenant revenu pour nous accompagner et pour nous donner la certitude que, avec Lui, on trouve un passage. La conscience qu’existe Celui qui m’accompagne aussi dans la mort et qui « avec son bâton, me guide et me rassure », de sorte que « je ne crains aucun mal », telle est la nouvelle espérance qui apparaît dans la vie des croyants.                                                                                                                                        Spe Salvi, 6

Dieu ne considère pas l'humanité comme une masse anonyme, mais s'arrête sur chaque individu et prend soin de chacun avec un soin personnel. La brebis, à la différence des autres animaux, comme par exemple le chien, ne sait pas revenir seule à la maison et a besoin d'être guidée par le pasteur. De même, nous aussi sommes incapables de nous sauver avec nos seules forces. Nous avons besoin de l'intervention d'En haut. Dieu est devenu l'un de nous pour nous aider à retrouver le chemin qui conduit au bonheur et au salut.                                                                                                                                                                 Saint Jean-Paul II

Une nuit, j’ai eu un songe, jai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur. Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie. J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque scène de ma vie, il y avait deux paires de traces sur le sable: L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur. Ainsi nous continuions à marcher, jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
 Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière. J’ai remarqué qu’en certains endroits, il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes, et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie, les jours de plus grande angoisse, de plus grande peur et aussi de plus grande douleur. Je l’ai donc interrogé :
 " Seigneur, tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie et j’ai accepté de vivre avec Toi. Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie, il n’y avait qu’une seule trace de pas. Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. Et le Seigneur répondit :
 " Mon fils, tu m’es tellement  précieux ! Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute. Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable, ces jours d’épreuve et de souffrances, eh bien: c’était moi qui te portais. Poète brésilien