Ses piliers

La recherche de Dieu est l’axe de la Règle de St Benoît autour duquel s’ordonnent les piliers de notre vie monastique : la prière, le travail, la vie de communauté.

PRIERE
« Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu »
RB ch 43
La prière liturgique est au centre de notre vie. L’office divin qui rythme la journée nous rassemble à la fin de la nuit pour les vigiles, le matin à Laudes, aux heures de Prime, Tierce, Sexte et None qui scandent la journée, en fin d’après midi à Vêpres, et le soir à Complies. Avant tout louange et adoration de Dieu, l’Opus Dei, « l’œuvre de Dieu comme l’appelle St Benoît, est aussi une grande prière de supplication et d’intercession pour le monde que nous accomplissons au nom de l’Eglise. »

La liturgie des Heures qui sanctifie le temps gravite autour de l’Eucharistie, « cœur et sommet de toute la vie chrétienne » (LG 11) ; nous unissons au sacrifice du Christ renouvelé sur l’autel l’offrande de nous-mêmes scellée au jour de notre profession.

L’Office divin et la messe sont célébrés dans la beauté simple du chant grégorien. Dans un esprit de paix ecclésiale notre abbaye est ouverte aux deux formes du rite romain pour la célébration de la messe, privilégiant, avec l’assentiment de notre évêque, la forme extraordinaire, pour que soit maintenues vivantes les diverses richesses liturgiques de l’Eglise en vue « d’un enrichissement mutuel » des deux formes (Motu proprio Summorum Pontificum de Benoit XVI).
« La psalmodie nous met en contact avec Celui que nous cherchons. »
Thomas Merton
« L’Eglise s’évangélise elle-même par la beauté de la liturgie. »
Pape François, Evangelii gaudium n°24

La prière liturgique nous façonne et alimente l’oraison personnelle, qui se nourrit aussi de la lectio divina : une écoute et une méditation de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est la première source de toute spiritualité chrétienne. Elle nourrit une relation personnelle avec le Dieu vivant et avec sa volonté salvifique et sanctifiante (Vita consecrata n°94).


TRAVAIL

« Alors ils seront vraiment moines, s’ils vivent du travail de leurs mains. »
RB ch. 48

« St Benoit fit sortir le travail de sa condition servile pour l’élever à la dignité de sœur de la vie spirituelle. »  
Paul VI

Participation à l'œuvre créatrice de Dieu, imitation de la vie laborieuse du Christ à Nazareth, le travail est une nécessité vitale pour assurer la subsistance de la communauté. Il nous rend solidaires de nos contemporains, dont nous partageons les soucis et les vicissitudes en ce temps de crise.

Manuel, intellectuel ou artistique, le travail accompli dans l’obéissance concrétise le don de nous-mêmes à Dieu et nous met dans un esprit de service et de disponibilité à l’égard des autres.

Outre nos artisanats destinés à la vente, et les tâches inhérentes à l’entretien d’une maison, nous exerçons une activité agricole : petite ferme, potager, exploitation de champs et de vergers. Ces travaux équilibrants ont l’avantage aussi de nous insérer dans le milieu rural du rosanais.


VIE FRATERNELLE

« Les cénobites vivent en commun dans les monastères,
et combattent sous une Règle et sous un abbé. »

RB ch. 1

« Ils acquitteront la dette de la charité fraternelle par amour ;
ils aimeront leur abbé avec une charité sincère et humble ;
ils ne préfèreront absolument rien à Jésus Christ. »
RB ch. 72

« Ne jamais nous lasser de choisir la fraternité. »
Pape François Evangelii gaudium n°91

La communauté monastique n’est pas le fruit d’affinités humaines : elle est rassemblée par le Christ qui a choisi et appelé chacun de ses membres. Comme dans une cordée que conduit le Christ, dont « on croit que l’abbé tient la place » (RB 2) nous marchons toutes ensemble vers la vie éternelle, expérimentant à la fois le support mutuel et la solitude pour Dieu.

Construire une communauté fraternelle est une mission quotidienne pour chacune : c’est le témoignage que l’Eglise attend de nous. C’est dans la réalité concrète de la vie commune, tantôt joyeuse, tantôt purifiante, que se réalise la rencontre avec Dieu.


HOSPITALITE

« Le monastère est fréquenté comme une maison de paix et de prière où les hommes peuvent se retrouver eux-mêmes et retrouver Dieu à l’intérieur d’eux-mêmes. »
Paul VI


Tous les hôtes qui se présentent doivent être reçus « comme le Christ » (RB 53)

La réception des hôtes n’est pas une œuvre d’apostolat spécifique, ni une fin en soi à poursuivre. Elle est la rencontre du monde vécue en rencontre de Dieu. Cette vision surnaturelle n’exclut pas, au contraire, un savoir-vivre empreint d’esprit évangélique.

Dans la beauté et le silence des alpages qui environnent l’abbaye nous essayons d’offrir un climat de paix à ceux qui viennent faire halte pour partager notre prière, rechercher le silence du cœur, raviver leur force spirituelle ou étancher leur soif de Dieu.